Mercredi soir, ils étaient 4 anciens vainqueurs sur le terrain (Ajax-Juventus, Manchester United-Barça) à l’occasion des quarts de finale aller. Mais à l’arrivée, ce fut une soirée sans grandes surprises…

Au sortir de cette deuxième cuvée des quarts de finale aller, il y avait presque de quoi rester sur sa faim. Non pas que le spectacle ait été décevant, mais il y flottait comme la sensation que la soirée ne pouvait se dérouler autrement. Comme si les 8e de finale avaient agi comme le teasing d’un inexorable scénario.

A Old Trafford d’abord, où Manchester United a confirmé les limites affichées au tour précédent face au PSG, et même avant : limité dans sa capacité à surprendre, à créer, bridé par une arrière-garde chancelante et constamment sur le fil du rasoir. L’esprit club ravivé par l’arrivée d’Ole Gunnar Solskjaer a offert un sursaut d’espoir à tout un club plongé dans la sinistrose depuis le départ de Sir Alex Ferguson. Mais il faudra que le Norvégien appose autre chose à cet édifice pour lui rendre un peu de grandeur.

En face, le Barça a livré un match conforme à ses productions actuelles : ne laissant pas grand-chose à l’adversaire (0 tir cadré concédé), tout en gérant presque scientifiquement la conduite du match, son tempo et ses éclats. Sans fioritures, et avec un intérêt moindre pour la note esthétique. Presque 10 ans après le triomphe de la méthode Guardiola, ponctué par la finale 2009 remportée à Rome face à ce même adversaire, le Barça a acté l’évolution de son style, avec d’autres arguments. Moins clinquants ? Oui. Moins efficaces ? L’avenir (proche) nous le dira.

Pour tout dire, mercredi, c’est plutôt du côté de la Johan Cruyff Arena qu’il fallait avoir les yeux rivés. Après avoir ébloui l’Europe du foot en sortant le triple tenant du titre au tour précédent, l’Ajax a fait vaciller la Juventus durant une rencontre vivante, agréable et rythmée, à l’image du foot que propose l’équipe néerlandaise. Dans son expression collective et offensive, elle est incontestablement celle qui aura le plus ravi nos papilles parmi les 8 encore engagées. De là à l’imaginer sortir un autre favori ? Toujours est-il que la Juve, elle, s’est contentée de marquer sur son seul tir cadré du match, et de s’en remettre, encore, à son homme providentiel. Une approche minimaliste qui n’appauvrit pas ses chances de qualification, mais qui interroge sur sa propension à montrer une constance suffisante pour aller au bout.

En somme, Manchester United est une équipe sans style, le Barça a changé le sien, la Juventus nous a frustrés et l’Ajax nous a charmés. Comme un air de déjà-vu…