Le 5 mai 1992, le foot français vivait l’un de ses plus grands drames avec l’effondrement d’une tribune du stade Furiani, à Bastia. Presque 30 ans plus tard, les instances du foot hexagonal se refusent toujours à la sacralisation de cette date.
L’Histoire des peuples se nourrit de joies et de peines. En ce 5 mai, il est impossible pour tout amateur de football en France de faire abstraction de ce qu’il s’était passé ce jour-là en 1992.
Les images de chaos, les cris, la douleur, puis l’incompréhension, la colère. Cette demi-finale de Coupe de France était pourtant partie pour être une fête : d’un côté l’OM, le grand club français du moment, leader du championnat de France et finaliste sortant de la Coupe d’Europe des clubs champions ; de l’autre Bastia, club historique de l’Hexagone, finaliste en Coupe de l’UEFA 14 ans plus tôt mais englué en deuxième division depuis 1986.
Respect aux victimes
Ce qui devait constituer une soirée de fête s’est donc transformé en cauchemar. En cause, cette tribune de 10 000 personnes construite à la hâte pour l’occasion. Une structure métallique qui s’est fracassée sous le poids de ses occupants, moins d’une heure avant le coup d’envoi. Occasionnant un bilan dramatique de 2 370 blessés et 18 morts.
Voilà déjà quelques temps que les responsabilités autour de ce drame sont établies. Que ceux dont la légèreté professionnelle a coûté des vies, ont été reconnus, parfois punis. Et quand bien même. Faire le deuil de Furiani, c’est associer le choix des commémorations au ressenti des victimes. Voilà plusieurs années que ces dernières demandent, dans une requête sincère et justifiée, qu’on ne joue plus au football le 5 mai. Pour ne jamais oublier. L’initiative semble faire consensus même auprès des supporters d’autres clubs, lesquels déploient régulièrement des banderoles de soutien à l’arrêt des matches le 5 mai.
Mais alors, pourquoi tant de réticences du côté de la Ligue de Football Professionnel à sacraliser cette date ? Le football n’a-t-il pas vocation à contribuer au devoir de mémoire ? Il a fallu attendre 2015 pour que soit reconnu le caractère national d’un drame qui avait pourtant éclaboussé le pays, jusqu’à faire déplacer le président Mitterrand au chevet des victimes. Témoigner respect et considération de ce qui ont souffert, c’est faire en sorte que la mémoire se perpétue. Pour ne jamais oublier.
